Ce magazine télévisé créé en 1965 par Daisy de Galard, diffusé une fois par mois le dimanche, s'adressait aux dames mais traitait aussi de questions intéressant les (d)hommes. Chaque émission se composait de courtes séquences présentées par des speakerines d'un jour, actrices ou chanteuses en vogue, le tout dans un emballage ludique, moderne et sophistiqué.
La mode
Le magazine se veut anticonformiste et est souvent novateur, notamment dans les reportages consacrés à la mode, plus généralement vue du côté de la rue et du quotidien (Paris en pantalon), de la fiction (Orphée 70), de l'interview de couturiers et de mannequins (Mannequin oui ! Mais après ?), que du côté du défilé traditionnel. Ou alors le défilé est détourné par un commentaire ironique (Cardin Courrèges, sujet commenté par Jean Yanne en "latin") ou véritablement mis en scène (le départ de voyageuses dans l'espace dans l'Emission du 27 août 1966).
Les sujets de société
Les sujets de société liés à la vie quotidienne des Français sont également abordés dans ce magazine : reportages sur les femmes (Duras à la petite Roquette, dans lequel l'écrivain Marguerite Duras interroge la directrice d'une prison pour femmes), les loisirs (Ils préfèrent camper), les métiers (Les ouvreuses), les jeunes (Les lycéens ont la parole, un des rares reportages évoquant Mai 68 où on voit le cinéaste Romain Goupil à 16 ans), les animaux domestiques (Requiem pour un bâtard, poignant film sur la Société protectrice des animaux)...
Une ouverture sur le monde culturel et artistique
Une des particularités de Dim Dam Dom est aussi d'avoir permis à de jeunes talents de s'exprimer sur le petit écran. Citons par exemple Anna Karina, l'égérie de Jean-Luc Godard, en Bretonne découvrant Paris (Germaine Montparnasse), Agnès Varda filmant le couple Elsa Triolet-Louis Aragon dans Elsa la rose)...
Plus généralement, l'ouverture sur le monde culturel et artistique du magazine nous offre aujourd'hui des documents rares et précieux, notamment des interviews des écrivains Anaïs Nin et Violette Leduc, ou encore d'Arno Breker, le sculpteur d'Hitler.
Aujourd'hui, la sélection faite par le Forum des Images, qui comprend près d'une centaine de reportages choisis pour leur caractère documentaire sur la mode ou sur Paris, permet d'apprécier la fraîcheur et l'inventivité de ce magazine, précurseur dans sa forme et dans son habillage des magazines actuels, conçus comme des vidéoclips.